Le blog de Casamia

"Tu prends de l'aïl, beaucoup d'aïl, que tu coupes fin fin fin. Tu prends du persil, beaucoup de persil, il faut qu'il en reste, que tu haches menu menu menu." Maman avait sa manière à elle d'associer, de conjuguer les manières italiennes de faire dire le superlatif quitte à ajouter une répétition pour renforcer. Si d'une fille ("una ragazza"), elle disait qu'elle était "bella bella bellissima", on pouvait être assuré qu'elle méritait le détour et le tour.

"A part, dans un saladier, tu "débrines"( tu émiettes) de la mie de pain rassis. Ne prends pas du pain frais. C'est un péché et en plus ça te fait un pastisson qui pèguera. Couvre de vinaigre. Attention ! mets-en assez ! ça boit comme une vieille, la mie." Ceux qui supportent mal l'acidité de la vie, peuvent couper le vinaigre avec du vin rouge et du bouillon ou de l'eau.

"Quand tu y penses ou que tu as le temps, exprime la mie de pain." Ce décalque de l'espagnol qui avait des allures de vieux français faisait comprendre qu'il fallait essorer la mie de pain de son excédent de vinaigre afin qu'elle s'exprime mieux. "Tu mélanges tout ça dans un grand saladier. Tu sales et tu poivres comme tu le sens. N'oublie pas de couvrir d'huile. Sinon l'air va t'abîmer la sauce. Elle présente moins bien. Et si tu ajoutes des filets d'anchois, tu te relèves la nuit pour en reprendre." Cette sauce froide accompagne des neufs durs ou une viande froide, comme un reste de bouilli. On n'a pas toujours un mort sous la main ni la patience d'attendre un mort. Et on n'est pas toujours sûr de le réveiller.

Mer 23 jui 2008 Aucun commentaire